Imaginer, connaître, exploiter, de l'Antiquité à 1600
31 mai-3 juin 2017 Cerisy-la-Salle (France)
Samedi 3
Les produits de la mer : pêcher, consommer, transformer

› 14:30 - 15:00 (30min)
« Delfines nec non et ballenae... » : les cétacés de l'Atlantique Nord au haut Moyen Âge. Représentation, identification et consommation
Fabrice Guizard  1@  
1 : Cultures, Arts, Littératures, Histoire, Imaginaires, Sociétés, Territoires, Environnement  (CALHISTE)  -  Site web
Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis, Le Mont Houy, 59313 Valenciennes cedex -  France

Les études médiévales sont revenues plusieurs fois sur la chasse aux cétacés et leur consommation. Le terme générique de baleine est souvent employé faute de pouvoir discerner mieux l'espèce de mammifère dont il s'agit, ou bien par méconnaissance de la diversité des sous-ordres des mysticètes et odontocètes. C'est pourtant aujourd'hui une trentaine d'espèces de cétacés différentes qui vivent et circulent le long des côtes atlantiques et en Manche.

Avec la contribution de la biologie marine et de la cétologie, je propose de reprendre le dossier des mentions de ballenae pour chercher, derrière le vocabulaire altomédiéval au demeurant très pauvre, les espèces réellement rencontrées par les hommes du haut Moyen Âge.

 

1- Bellua :

Les mentions de cétacés sont topiques et partent de la description d'un monstre. La littérature antique livre au Moyen Âge la vision d'un animal de très grande taille et agressif quand il s'agit du cetus ; le delfinus ou delphinus, considéré au même titre que tous les animaux marins comme un poisson, véhicule des valeurs positives mais reste entouré d'une image fantastique. Les savants du haut Moyen Âge, tributaire des textes anciens, proposent avant tout une vision symbolique et morale des « gros poissons ».

 

2- Les mystères de l'ouest :

Au mystère qui entoure l'origine des cètes, qui viennent forcément des mers lointaines d'Inde, s'oppose le mystère encore plus grand des eaux atlantiques, largement ignorées des auteurs antiques. Le haut Moyen Âge propose alors des mentions de cétacés mêlant observations et références encyclopédiques succinctes. Elles concernent des espèces de tailles différentes ; les sources (vies de saint, récits, chartes...) suggèrent deux modes de prélèvements sur la faune sauvage, la chasse et la prise d'animaux échoués. Ces modes de capture permettent-ils de connaître les espèces ?

 

3- Le silence des globicéphales :

A force de lire les mêmes termes (delfinus, ballena, piscis...), nous avons oublié des espèces qui étaient pourtant tout aussi abondantes qu'aujourd'hui et dont on connaît mieux la biologie que depuis quelques années, en particulier les globicéphales noirs. La zoologie, l'anthropologie comparée des techniques de chasse aux cétacés et les témoignages textuels des VIIIe-XIIe siècles confirment la présence et l'exploitation de ces mammifères appartenant au genre des delphinidés, et qu'il faut distinguer des marsouins, autres odontocètes apparaissant dans la documentation.



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